la tanière du hérisson

Bretagne, début du XXIe siècle. Un hérisson arpente l'existence, en musique et en souriant (quand c'est possible)... Il finira écrasé, comme les autres, mais il fait comme s'il ne le savait pas.

lundi 30 novembre

A jamais loin - [brouillons hantés 001]



"A jamais loin", une circonvolution en forme de non évocation de la perte. C'est aussi un mélange de mazurka et de kost ar c'hoat, en tout cas un brouillon enregistré en 2013.

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vendredi 23 janvier

crobard 001 - 20150123 16:19

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mardi 01 avril

le sans voix qui mange avec les yeux 029

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mardi 25 mars

sourire éperdu finalement

Une heure du matin, sans doute ; quelque chose comme ça. Et on n'a pas travaillé, alors qu'on aurait du. Pas capable, comme pas mal d'autres fois qu'on taira, en tentant de faire bonne figure le lendemain et de limiter les pots cassés. Mais là, en se couchant on s'en fout, parce que contrairement à tant d'autres soirées improductives, mornes et évidées, hébétées, il est survenu quelque chose qui donne le sourire. De la musique, à danser. Une composition, qu'indéniablement on trouve belle, et dont on est persuadé que demain on la trouvera aussi jolie, même à la lumière du jour. Un beau morceau en deux parties, la première assez sombre ou du moins pas très lumineuse, comme souvent, quand la seconde rayonne, de simplicité, de joie et de sérénité. Et qui, dans les deux cas, parle juste et dit bien. Une musique à danser qui n'en fait pas des caisses, qui dit qui l'on est et qui, malgré tout ce qui poisse et écrase dans la vie ces derniers temps, ces deniers mois, ces dernières années, surgit, déchire la membrane et montre à quel point, au fond, on demeure gourmand de beau et de bon, de partage simple, quelque chose d'inattendu, un cadeau qu'on se fait à soi sans l'avoir vu venir, une preuve que tout reste là. C'est même plus que ça, car j'ai la conviction que je n'ai encore jamais su dire de manière aussi évidente des choses légères et lumineuses comme ça.

On sait qu'on va s'endormir avec, et il n'est pas question d'ego dans la satisfaction qui vient de tout ça, du contentement quelque chose de vraiment beau nous soit venu, dont on sait qu'on se souviendra pour le travailler, l'affiner, et le faire entendre.

C'est bête. C'est ce qu'il fallait. C'est tellement agréable. Dire qu'il n'y a pas que du sombre, en soi, ou dans le monde, c'est comme toutes les vérités ou les évidences dont on maintient le principe en attendant qu'on en bvoit la preuve : des fois, l'attente est longue, et il nous tarde d'être confirmé dans nos certitudes. Je suis lumineux, braves gens, juste parfois, juste un peu et juste pour moi peut-être. De la lumière belle et éphémère qui n'a pas besoin qu'on lui donne de nom.

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mardi 09 avril

disque hébétude

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Enregistrer un disque est une expérience bizarre. Passionnante, exigeante, agréable, laborieuse, mais éminemment étrange. C'est l'occasion de confronter l'idée (consciente ou pas) qu'on se faisait des morceaux et de la construction d'ensemble avec la réalité de comment ça va se passer effectivement.

Le décalage est inévitable, normal et intéressant. On a d'un côté, sans forcément y avoir réfléchi à ce point, le potentiel des morceaux et ce qu'on ressent de ce qu'il y a à faire valoir, là où on veut emmener l'auditeur parce qu'on ressent les graines de ce voyage dans ce qui va être capté, édité, mixé, masterisé puis pressé. On a d'autre côté la façon dont les morceaux ont été arrangés au moment où on les capte, le degré de préparation avant enregistrement, le cadre matériel et humain dans lequel on évolue au moment de fixer le répertoire, l'accompagnement technique et musical, les temps de retour sur ce qui est capté, et le degré de conscience de là où on veut aller. Le décalage est inévitable, normal et intéressant.

Surtout que, s'il laisse forcément passer des erreurs (à partir de mauvais choix ou d'incapacité à faire mieux) qui deviendront insupportables à la réécoute plus tard (quand le disque est pressé, les jeux sont définitivement faits), il laisse aussi nécessairement la place, de l'espace, pour de belles surprises, des petits miracles improbables et des moments saisis avec chance et sain opportunisme. Il y a quand même quelque chose, une zone de chaos salutaire, une oscillation entre déterminisme (d'un projet construit et préparé) et un aléatoire cantonné à la marge mais parfois précieux. Comme un gestation, le legs génétique restant soumis à un part indéterminable de hasard, heureux ou pas. Les parents donnent ce qu'il peuvent et attendent de voir ce que ça va donner. Tout ça relève de la respiration, finalement, du mouvement, dans un temps limité, clos et définitif. C'est quand même vraiment, décidément, une expérience bizarre.

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jeudi 14 mars

Didier Comès est mort, relisez le...

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Le 7 mars dernier est mort un maître du noir et blanc, de la narration graphique, auteur d'une oeuvre à part et qui garde toute son intensité. Relire Silence, La belette, Eva, ces huis clos en extérieur, ces paysages et ces humeurs muettes et crues, ces personnages impénétrables et denses, cette nature inexpliquée, ces histoires pas comme les autres... Certaines choses ont vieilli, mais le propos garde de la force. Didier Comès laisse derrière lui quelques oeuvres importantes et humbles, qui disent des choses et en taisent d'autres, invitent à ouvrir des portes obscures plutôt qu'à faire l'inventaire des pièces. 

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jeudi 07 mars

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J'ai du trouver à mettre les deux premières créations quelque part sur le blog, déjà. 

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mercredi 20 février

fest-noz, la découverte, de J.-L. Kokel

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Le monde se divise en trois catégories, dès lors qu'il s'agit de parler de fest-noz : ceux qui n'y connaissent rien, ceux qui pratiquent mais ne connaissent pas grand chose de la culture et des origines de cette pratique, et ceux qui savent ou croient savoir. Ce livre pourrait presque réussir le pari de plaire aux trois catégories.

Jean-Luk Kokel est avant tout un photographe. S'installant en Bretagne, il a eu l'occasion de découvrir (avec surprise, comme beaucoup de gens d'abord extérieur au phénomène, bretons ou pas) la richesse en diversité comme en profondeur de ce phénomène assez unique qu'est le fest-noz. Il en rend compte dans un livre, dont le sous-titre (comme tous les sous-titres) ne doit pas être ignoré tant il est signifiant dans la démarche de l'auteur : "la découverte". Il retrace son itinéraire d'individu interpellé inopinément par une pratique collective qu'on jugerait volontiers ringarde, folklorisante ou en tout cas archaïque, pour aller à la rencontre ("la rencontre" ferait également un excellent sous-titre) de tout ce que recouvre cet événement banal des samedis soirs en Bretagne. Se faisant, il se met à portée d'emblée du néophyte, en épousant les questions, l'absence de repères au préalable, et les découvertes fortes à mesure que la compréhension et le plaisir liés à ces pratiques s'installe.

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Tout le monde sait quelle différence il y a entre une musique instrumentale et un morceau qui comporte du chant. Instantanément, le chant focalise la plus grosse part de l'attention, parce qu'il véhicule du sens, même si ce sont des inepties. C'est injuste, quelque part, pour tout le travail fait par les instrumentistes, arrangeurs etc, mais c'est comme ça. De la même façon, et très pradoxalement, un livre de photographies laissant une part importante, en tout cas autre que décorative et consensuelle, aux textes et à un propos avec du fond e ncourt le risque que les photographies soient en arrière plan dans la façon dans laquelle le livre est parcouru, lu, et accueilli. C'est ici sans doute un peu le cas. Quand on parle de ce livre, on parle souvent de son propos, rarement de ses photographies, à part pour dire rapidement qu'elles sont très belles. Comme si ça ne méritait pas qu'on s'y attarde, comme si l'important était ailleurs. Je me permet ici de prendre le temps de dire que, plus que belles, ces photos rendent justice à ce qu'est un fest-noz, dans sa diversité de contextes, d'ambiances, comme dans ce qui s'y retrouve de façon récurrente : mouvements individuels ou collectifs, attitudes sociales ou corporelles, le tout avec simplicité et pertinence. C'est un regard qui, parce qu'il ne se veut pas exhaustif ou esthétisant à outrance, rend compte avec élégance et fraicheur de cette réalité là. Depuis la parution du livre, on retrouve d'ailleurs nombre de ces photos dans des articles ou sites traitant du fest-noz, ce qui en soi est une forme de reconnaissance, on va dire.

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Pour le reste, et puisque le monde du fest-noz est aussi une affaire de spécialistes qui n'apprécient guère les affirmations approximatives, faisons un sort au propos et à la démarche de l'auteur. Gardons la métaphore musicale à l'emporte pièces. Vous savez comment sont les albums de guitaristes : en général, c'est assez chiant, surtout quand ledit guitariste se fait plaisir en chantant lui même sur ses morceaux. Là on a un livre de photographe, on pourrait s'attendre à un exercice louable mais peu convaincant, où l'auteur s'attache à décrire lui même ce qu'il entend transmettre dans son livre. Quelque chose de potentiellement laborieux et brouillon, traitant d'un sujet pétri de subtilités, d'héritages historiques et sociaux entremêlés, à côté desquels il est facile de passer quand on est, comme l'auteur s'en revendique, un amateur "en découverte".  En l'occurrence, mon avis sincère est que le pari est plutôt réussi et même plus, que le livre réserve quelques jolies surprises à lire, notamment dans les propos collectés auprès des acteurs du fest-noz.

En effet, J.-L. Kokel a assez intelligemment construit le contenu du livre. Il commence d'abord par le récit personnel de sa découverte du fest-noz, qui pourrait justement être celle de n'importe qui. Impressions spontanées, compréhension intuitive que beaucoup de choses nous échappent en premier lieu, volonté d'en apprendre davantage sur ces pratiques partagées, gratter, s'informer, se lancer... Il aborde ensuite les fondamentaux du fest-noz, qui paraissent évidents à quiconque fréquente ces événements depuis un moment, mais qui sont loin d'être évidents pour celui qui découvre totalement : esprit, prix, contexte (salle, parquet, scènes, buvettes, etc), organisation, codes de conduite ou repères culturels implicites. Il s'attache aussi, et c'est pour moi une grande qualité du livre, à donner la parole à ceux qui évoluent dans ce milieu : danseurs, musiciens, organisateurs, tous évoquent leur passion et la réalité très diverse que recouvre le terme générique de fest-noz. Des frères Morvan au danseur anonyme, tous parlent avec leur voix propre, parfois contradictoire, de leur expérience récente ou ancienne de la musique bretonne à danser. On y apprend tout un tas de choses, par petits bouts, sur la passion, le parcours, la tradition qui anime ces gens que l'on croise lors de ces soirées. Il y a donc une multiplicité de voix à s'exprimer, à dire la réalité du fest-noz au-delà du point de vue propre à l'auteur. Cela permet de dépasser intelligemment les limites de cette démarche humble et appliquée d'un individu en immersion pendant une année dans un univers qu'il ne connaissait pas du tout. Le résultat a des qualités et des défauts, mais pour un disque de guitariste, c'est bien plus qu'un livre de photographe, pour le coup. Il décrit aussi les danses (certaines), les danseurs entre eux, la variété des approches musicales, et toute la tradition plus ou moins ancienne qui s'est contruite autour (concours, etc...). L'ensemble est agréable à lire et emmène, ainsi que le propose le titre de la collection, sur un "chemin d'images" au fil des multiples aspects et subtilités méconnues d'un fait culturel précieux.

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D'aucuns regretteront certaines approximations ou jugements à l'emporte pièces sur tel ou tel aspect du fest-noz, de la musique, des danses. On pourra regretter des omissions, des vues biaisées ou complaisamment béates par méconnaissance, mais ce serait oublier que le livre ne prétend pas être un nouveau Guilcher ou une quelconque somme faisant autorité. Il rend honnêtement compte du parcours voulu par l'auteur, et en récolte deux qualités majeures et très appréciables : la fraicheur et la lisibilité qui rendent accessible ce monde complexe à des gens qui n'en connaissent rien et pourrait leur donner envie de se jeter à l'eau ; la sincérité et l'appétit d'un regard qui ne tombe pas dans l'écueil d'une bienveillance folklorisante ou muséale vis à vis de la tradition, mais s'émeut et participe du fest-noz en tant que pratique contemporaine, en mouvement permanent, bien plus ouvert et fécond que nombre de musiques dites "actuelles". En cela, il ne souffre guère de critique.

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lundi 04 février

un gosse d'école 001

Souvenir d'un petit gars, jumeau, en Grande Section de maternelle ; un peu bébé, gentil et un peu brut de décoffrage. Qui m'avait dit un jour que, quand il serait grand, eh ben il se marierait avec Minnie. Oui, oui, la copine de Mickey. J'ai hésité, puis renoncé à lui expliquer.

Quelques mois plus tard, à la faveur d'un attachement affectif assez fort avec le loustic, il m'appelle "mon Matthieu chéri d'amour" et me dit : "plus tard, je me marirerai avec toi". Bon, comment dire bonhomme : tu progresses. Tu reportes maintenant ton dévolu sur un être humain et plus un animal, et sur quelqu'un qui existe vraiment, qui plus est. Mais là, euh. Bon, je n'ai rien dit. J'ai pensé "peut-être que quand tu seras grand ce sera possible, mon petit gars. Va savoir".

Pensée pour toi, Calvin : le mariage entre deux hommes sera prochainement légal et bienvenu dans notre pays (le temps que les esprits se calment). Par contre, je serai vraiment vieux, tu sais, quand tu seras en âge de te reposer la question. Et puis on ne m'a jamais demandé si j'étais consentant, par ailleurs.

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samedi 02 février

e gallec 001

La richesse de la langue française offre parfois des plaisirs simples qui compensent presque ses innombrables contradictions, exceptions et autres incohérences joliment archaïques.

Par exemple, le mot "encore". Comment ne pas savourer l'emploi d'un mot qui peut tantôt désigner quelque chose qui surviendra plus tard, tantôt quelque chose qui existe déjà mais est voué à disparaitre, voire quelque chose qui survient de façon récurrente.

Je n'ai pas encore reçu de lettre. J'ai encore de la farine. Il est encore en retard.

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