mardi 01 septembre
en exergue d'une rentrée
Comme le blog était pour ainsi dire mort ou en catatonie profonde l'an dernier, je n'ai pas eu l'occasion (ou l'énergie) pour évoquer ce qu'on faisait de l'Education Nationale. Du vaste plan de démolition sous couvert de réformes et de désir d'efficacité moderniste porté par ce cher M. Darcos. Du sabotage minutieux et systématique de décennies d'efforts pour mettre en adéquation démocratisation de l'enseignement et pédagogie de réussite pour tous.
A l'heure où la rentrée se fait, où l'on se demande comment l'on va découvrir notre nouveau ministre issu du même dogmatisme gouvernemental, je me dis que ça viendra peut-être bientôt, finalement. Beaucoup de choses ne sont pas encore mortes, même si beaucoup de gens continuent à croire que les enseignants crient toujours au loup pour ne pas avoir à rendre de comptes.
Braves gens, le paysage interne de l'école n'est pas celui que vous croyez, idyllique ou minable, il n'est pas non plus en révolution positive. Il est de ceux dont on mesurera la valeur quand elle aura été piétinée.
Il est inutile d'en dire si peu, après tout. Tout cela mérite beaucoup plus de temps et de mots. Mais ça viendra. Je ne doute pas que les occasions d'interpeler le bon sens commun (en vain, sans doute) ne manqueront pas en cette année scolaire 2009-2010. M. Chatel l'a dit : les réformes continueront, et le saccage d'une certaine idée de l'école dans la foulée. Alors à bientôt.
jeudi 20 août
le jeu des 52 voeux pieux, 5/52
mardi 18 août
lire...

Retrouver le goût de lire est une de ces petites choses qui vous font vous dire que tout ne va plus si mal, peut-être.
vendredi 14 août
sec
mercredi 12 août
le jeu des 52 voeux pieux, 4/52

Il n'est pas impératif de se faire gauler, par contre. Le moment venu, si je peux me faire prendre en photo au moment du délit (et à l'insu du principal intéressé), je le ferai, pour mon album souvenir de ce grand n'importe quoi que promet d'être ce projet d'un an...
mardi 11 août
Les Escales de Saint-Nazaire, 7-8 aout 2009
Depuis que j'ai découvert ce festival établi sur le port de Saint-Nazaire, c'est devenu un rendez-vous quasi obligé de l'été, tant la programmation est généralement bien vue et le cadre propice à de jolis moments musicaux.
Répartis sur plusieurs scènes de taille humaine, au sein de ce qui ressemble à un village nocturne, les concerts se succèdent dans un esprit d'éclectisme éclairé, loin des poncifs de la world de supermarché. On y déambule en famille, entre stands associatifs qui sentent bon la cuisine du monde, la bière ou les mojitos mais aussi de bons sirops gratuits, tandis que la nuit tombe sur un site industriel décoré de projections lumineuses sur les toits, d'affiches et d'ornementations d'un soir. A l'intérieur, librairie, restauration bio et bar convivial accompagnent des concerts plus intimistes ou des cours de tango. le tout, il convient de le préciser, pour un prix modique (19 euros les deux soirs, 11 euros en tarif réduit, au regard de l'affiche c'est exemplaire pour un festival. Quand on voit que la Route du Rock, à l'affiche certes alléchante, demande plus de 30 euros par soir...).
Je situe tout de suite les bémols de cette année : on y confirme l'affluence grossissante déjà constatée l'an passé, qui fait qu'à certains endroits et certains moments, on ne peut plus vraiment déambuler. De même, l'accès au site est vraiment long (entre une demi-heure et 3/4 d'heure de queue) alors qu'on a le sentiment qu'avec une peu d'organisation, ce serait plus fluide. Enfin (et c'est sans doute lié à l'affluence, me direz-vous...), l'avenir dira si la programmation vire progressivement vers des têtes d'affiche attirantes pour le grand public mais qui s'avèrent soit décevantes soit décalées par rapport à l'esprit du festival. Autant l'année dernière Sonic Youth et CharElie Couture avaient joué ticket gagnant, autant Alpha Blondy avait donné un show fade et bien huilé, long et sans générosité. Cette année, même impression avec Césaria Evora, qui n'a pas chercher à contredire sa réputation de ne rien offrir de plus que sa voix au public. Alors que j'apprécie sa musique, je ne suis pas resté bien longtemps, tellement tout tenait à son groupe, pro et dynamique, mais auquel la diva ne donnait aucun supplément d'âme pourtant indispensable.

Heureusement, l'ensemble des deux soirées a été plus que positif. Comme d'habitude, je n'ai pas pu voir et écouter tout ce qui me tentait, mais tant pis. Le vendredi, le concert de Titi Robin et Majid Bekkas a été fantastique, avec une formation organique, livrant en quelques morceaux suffisamment longs pour déployer leur groove et leur enveloppe entêtante, une musique belle et charpentée, entre blues gnawa et méloppées éthiopiques. Les six musiciens étaient sobres et généreux à la fois, à l'image d'un Titi Robin dont je déplore malgré tout qu'il ait été tant effacé dans le collectif. Le reste de la soirée a été marqué par les prestations festives de Sergent Garcia et de Winston McAnuff, sans doute très bien mais pour lesquelles je n'ai pas eu d'euphorie particulière. Encore une fois, efficace mais peut-être trop convenu. Je ne sais pas.
Le lendemain, splendide et magistral concert de Marianne Faithfull. J'étais venu sans attente particulière à son égard, craignant éventuellement un show maitrisé mais sans envol, mais curieux d'entendre cette grande dame. J'en suis ressorti complètement conquis. Agréable, généreuse, ouverte au public sans donner dans la convivialité factice ou de principe (comme le fera plus tard Abd Al Malik sur la même scène), elle a chanté magnifiquement accompagnée de musiciens souvent multi-instrumentistes et toujours justes dans leurs interventions. Ballades folk, morceaux rock, jazzy ou bluesy, Mme Faithfull a donné à entendre son dernier album mais aussi des classiques comme Sister Morphine ou Broken English, et même son tout premier 45t, une chanson un peu mièvre et très datée 60s composée pour elle par Mick Jagger je crois. Bref, un très bon concert.
Après ça, je suis allé écouter par curiosité Abd Al Malik dont on m'avait vanté la présence scènique. Lui aussi très bien entouré, très présent sur scène effectivement, le rappeur slammeur très en vogue m'a pourtant très vite donné l'impression de se situer dans un registre convenu, avec un discours social et des envolées confraternelles qui ne m'ont pas touché. Comme beaucoup de slammeurs ou de rappeurs "a texte" (ça devrait être un pléonasme, ça l'est trop rarement), il se conforme à un moule qui fait mouche apparemment, vu le public nombreux et attentif, mais qui moi me semble un peu obcène à force de donner dans la facilité. Bref, je me suis cassé, écouter le brésilien Curumin, venu en trio distiller une musique atypique, entre musique brésilienne classique, rythmes funky ou reggae, samples et autres bidouillages impromptus, le tout avec un vrai sens du groove. Pas mal, donc, franchement. Bonne découverte.
J'attendais la fin du festival avec impatience, histoire de voir si Speed Caravan allait être à la hauteur de mes espérances. Le combo de Medhi Haddab fut époustouflant. Rameutant tous les festivaliers pour ce dernier concert, les 4 musiciens ont produit une musique endiablée et, c'est bien simple, je n'ai pas arrêté de danser ou sauter du début à la fin. Un bassiste virtuose au groove implacable, une sacrée petite nénette aux samples et autres bidouillages électro, un joueur de derbouka à la voix absolument magique, et puis M. Haddab, avec son oud électrique complètement débridé, échevelé, prolifique et jamais stérile comme tant de guitar hero le sont dans leurs dégoulinades de notes. Une musique hybride et très efficace, mais pas seulement un produit calibré avec un gros son et des couleurs world pour faire original. On sentait un vrai fond, un patrimoine tantôt revisité, tantôt en gestation. Bref, une bonne claque pour finir, et j'aurais bien aimé qu'ils jouent plus que l'heure qui leur était allouée.
lundi 10 août
Vol au-dessus d'un nid de coucou, de Ken Kesey

Comme beaucoup, j'avais d'abord vu le film magnifique de Milos Forman, avec Jack Nicholson. Il y a longtemps. J'en gardais un souvenir assez flou mais très fort. J'étais curieux de voir si le bouquin dont il était issu était aussi intéressant ou, au moins, restituait l'intensité du film.
Ken Kesey publie ce premier roman en 1962, à l'âge de 27 ans. Le bouquin, traduit en france l'année suivante sous le titre "la machine à brouillard", ne retrouve d'ailleurs la littéralité de son titre original qu'après la sortie du film de Forman. Pour faire vite, le livre narre l'arrivée d'un personnage haut en couleur, McMurphy, dans un asile d'aliénés et de sa confrontation avec l'infirmière en chef, Miss Ratched. McMurphy n'est absolument pas fou mais espère quitter l'univers pénitentiaire où il croupit en simulant un profil psychopathique. L'homme, plein de vie, de gouaille et de force de caratère, entend faire sa place au mépris des règles strictes de l'établissement, emmène progressivement ses compagnons "aliénés" vers des expériences et un vécu moins aliénant, justement, avant que la confrontation ne le conduise au point de rupture.
Bien entendu, on aborde ici bien plus que ce simple parcours à la fois individuel et collectif (puisque McMurphy emmène une bonne partie des patients dans son sillage) : on y voit l'affrontement entre un système rigide fonctionnant en huis-clos et en toute impunité avec un élément étranger amenant de l'extérieur un regard sans compromis et perturbateur. Pour tous les patients qui vivent le quotidien de l'asile de l'intérieur, les choses sont immuables jusque là, même quand ils ont le sentiment d'une injustice ou d'un abus de pouvoir. Pour McMurphy, l'emprise systématique de Miss Ratched et, au-delà, de la société sur ceux qu'elle destitue de beaucoup de leurs droits sous des motifs parfois douteux, tout cela ne demande qu'à etre exposé pour ce que c'est, à savoir qu'un fonctionnement qui, loin de prendre en considération les malades pour les amener à sortir de leur mal, les conforte voire les enterre dans celui-ci. Ce que McMurphy comprend progressivement, c'est que tout est verrouillé, que le système fonctionne en roue libre, et s'il entend ruer dans les brancarts, au-dela de ses propres intérets de petit malin grande gueule, c'est avant tout parce qu'il est incapable d'admettre l'emprise étouffante de la société sur l'individu juste par principe. Il encourage de facto ses compagnons d'infortune à une forme de sédition, leur montre qu'il n'y a pas de fatalité absolue dans la soumission.
L'issue du livre est pessimiste quand à ce genre de comportement frontal vis à vis du rouleau compresseur du "Système", mais on aurait tort d'en rester là. Au-delà du cas de McMurphy, il y a celui du narrateur, l'indien Bromden qui se fait passer pour sourd muet et vit tout intérieurement depuis si longtemps san rien laisser paraître. Lui finit par comprendre, par agir, et par sortir de cet enfermement, dans tous les sens du terme. Lui fait l'acte fondateur de mettre fin à cette emprise.
Le roman est un peu daté au niveau du contexte socio-historique américain, mais le style, lui, reste très contemporain, très accessible et agréable. Il oscille au fil du parcours psychique de Bromden, entre lucidité et délire, sans jamais tracer de ligne définitive. Tout comme l'auteur n'omet jamais pour autant la réalité de ce qui amène les autres patients dans ce lieu. Mais il met en lumière que leurs problématiques compliquées n'autorisent pas pour autant une abdication totale, un renoncement aux choix fondamentaux et au respect de l'individu comme capable de faire ces choix et de s'extraire de sa propre spirale infernale.
mardi 04 août
le jeu des 52 voeux pieux 3/52
Si le compte est bon, je listerai plus tard les plats en question (et si ça a été une réussite ou pas...).
jeudi 30 juillet
Les Wampas, Ubu (Rennes) 15 mai 2009
Je ne les avais pas revus sur scène depuis leur mémorable passage au festival des Terre-Neuvas en 2006. La proposition inattendue d'un ami m'a permis de renouer avec la bande à Didier. Qui, décidément, ne changera donc jamais, en tout cas pas en mal.
Je ne vais pas en écrire des tartines, mais ce fut géant de bout en bout, comme seul un concert des Wampas peut l'être. La salle de la Cité, où le concert était initialement prévu, aurait probablement bouillonné, mais dans la petite chaudière que peut être l'ubu dans certains cas, ça a carrément explosé en pur moment de rock 'n 'roll à haute teneur en n'importe quoi jouissif. Ce fut furieux dans le public comme sur scène, absolument teigneux et joyeux, imprévisible, débordant, comme une grande famille de petits pois sauteurs à l'âme d'enfants qui communient au son des larsens et d'hymnes crétinoïdes pour certains, absolument poétiques pour d'autres.

Lisez si le coeur vous en dit le compte rendu écrit par le photographe à qui j'ai emprunté les photos qui accompagnent ce message. Il est éloquent quand à ce que fut la soirée. Comme lui, je ne vais pas lister tout ce qui s'est passé, ce serait trop long. Rien n'était convenu ni factice, juste un vrai grand moment de folie généreuse.
Je ne dirai pas, contrairement à une chanson et au titre du dernier album, que "les Wampas sont la preuve que Dieu existe", mais en tout cas s'il existe il n'est pas complètement pourri. Il nous a donné un groupe qui, depuis 20 ans, n'en finit pas de donner, de bousculer, de se mettre bancal pour envoyer aux gens quelque chose de très positif. Je suis ressorti à moitié sourd, ruisselant de sueur, couvert de bleus, et profondément heureux. Merci les gars, vous êtes trop précieux.
mardi 28 juillet
le jeu des 52 voeux pieux 2/52

Vu que les dessins qui annoncent les déis promettent d'être au moins aussi crétins que le principe du jeu lui-même, je précise l'enjeu : il s'agit bien d'écrire une missive manuscrite à quelqu'un (peu impotre qui, mais on exclut les courriers administratifs aux impôts pour demander un délai de paiement, par exemple) chaque semaine et de l'envoyer par la poste. Il serait d'ailleurs intéressant d'établir ensuite un pourcentage de retour pour voir si ça valait le coup.







