la tanière du hérisson

Bretagne, début du XXIe siècle. Un hérisson arpente l'existence, en musique et en souriant (quand c'est possible)... Il finira écrasé, comme les autres, mais il fait comme s'il ne le savait pas.

samedi 04 octobre

la phrase éducative du jour

"plus tôt tes enfants parlent, plus tôt ils parlent trop".
Homer Simpson

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mardi 30 septembre

les enfants sont des cons 006

Un matin, il y a quelques jours, discussion entre G, un élève bénéficiant d'un suivi de la part d'une EVS (emploi de vie scolaire), et cette dernière. Je précise que G. a d'énormes problèmes de comportement, d'attention, d'angoisses et perturbe régulièrement ma classe de GS-CP pour la 3e année consécutive :
G- Ah, ils m'énervent les Grande Section à jouer dans le coin regroupement avec leurs petites voitures ! Ils font trop de bruit, j'arrive pas à travailler ! Moi si j'étais maître, pas de petites voitures, pas de jeux, rien !!
EVS- Ah bon? Ben dis donc, tu serais un maître sévère !
G- Oui ! Et ceux qui feraient du bruit, punis !
EVS- Mais comment tu ferais avec un élève comme toi, qui a besoin de bouger et qui fait souvent du bruit?
G- Ah ben moi, si j'avais un élève comme moi, je lui mettrais des calottes !!

Posté par herisson sauvage à 10:18 - vie d'école - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 29 septembre

Tu sais que tu es instit' quand...

Tu pars bosser avec une sacoche pleine à craquer et trois cabas ;

Tu connais au moins 14 Dylan et 28 Léa ;

Tu trippes sur les catalogues de fournitures scolaires ;

Tu sais ce qu'est un référentiel bondissant ;

Tu as des grosses traces de craie sur tes fringues ;

Tu fais une leçon de savoir-vivre dès qu'on te coupe la parole ;

Il t'arrive d'appeler ton conjoint ou tes enfants par le prénom d'un de tes élèves (toujours le même, d'ailleurs) ;

Tu ne parles pas de « fin juin » mais de « la semaine 9 de la période 5 » ;

Tu as une bibliothèque remplie de manuels et de guides pédagogiques ;

Tu peux disserter une heure sur les différences intrinsèques de ces mêmes manuels ;

Tu te surprends à reprendre tes amis quand ils font une faute de français dans une discussion informelle ;

Tu sais faire la différence entre programmation et progression (quoique...) et entre didactique et pédagogie ;

Tu as plein d'ami(e)s instits ;

 Tu te transformes en ermite trois week-ends par an parce que tu t'y es encore pris au dernier moment pour remplir ces saloperies de livrets scolaires ;

 Tu emploies un langage châtié quatre jours par semaine de 8h30 à16h30 mais en dehors de ça tu jures comme un charretier ;

 Tu prends ton repas de midi à 11h30 ;

 Tu exploites tes élèves pour effectuer les besognes chiantes et tu leurres ta conscience en te disant que ça les responsabilise ;

 Tu fais la grasse mat' le mercredi matin (sauf si t'es maman) ;

 Tu entasses les pots de yaourt vides, les vieux prospectus et les cartons de toutes tailles en te disant que ça finira bien par servir un jour ;

 Tu tues le temps dans les transports en commun en essayant de deviner l'âge des enfants autour de toi ;

 Tu développes une tolérance accrue ou au contraire une tolérance zéro au bruit en dehors des heures de travail ;

 Tu sais ce qu'est un mandala ;

 Tu as un shampoing anti-poux dans ta salle de bain, juste au cas où ;

 Tu te sers encore d'un compas, et il fait 50cm de long ;

 Tu fais trois jambes aux « m » et deux jambes aux « n », un joli petit pont aux « p » et deux boucles aux « f » ;

 Tu sais changer le toner d'une photocopieuse ;

 Tu es enfin le plus grand sur la photo de classe ;

Tes amis te demandent de relire leurs courriers avant de les envoyer et s'étonnent quand tu fais une erreur de calcul mental...

J'ai reçu cette liste par l'intermédiaire d'un collègue qui l'a reçue par internet... Je l'ai modifiée quelque peu, supprimant quelques éléments, en reformulant d'autres, en ajoutant quelques uns, mais l'esprit reste le même. Je ne me sens pas concerné par toutes les phrases mais je connais quelqu'un de concerné dans le métier à chaque fois...

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mardi 23 septembre

Festimanif, Nantes le 20 septembre : affligeant, enthousiasmant ?

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Comme je l'avais expliqué un peu plus tôt, j'avais choisi de répondre présent à l'appel d'une quinzaine d'organisations bretonnes pour manifester contre un projet de loi idiot et dramatique visant à régenter la pratique culturelle amateur, et pour montrer la vivacité festive de la culture régionale par un concert/fest-noz gratuit et ouvert à tous. Le moins que l'on puisse dire, c'est que mon avis sur l'évènement est pour le moins mitigé.
Quand j'ai rejoint le site central, sur l'île de la Gloriette de Nantes, j'ai vu commencer à s'agglomérer des gens pour le moins hétéroclites (mais jusque là pas de souci, la société est faite de choses dépareillées et c'est très bien comme ça), parfois hauts en couleurs, arborant bien haut les couleurs et les attributs parfois caricaturaux de la Bretagne ou de la "culture celte". Dans l'ensemble c'était une foule bigarrée et tranquillement très digne, aussi diverse que celle que l'on rencontre dans les festou-noz en termes de générations, de classes sociales ou d'horizons divers. 1001 façons d'être breton, sans la ramener le plus souvent. Le contexte de la manifestation se prêtant à la revendication de sa culture, les t-shirts à message et autres ornements identitaires étaient en nombre, comme on peut s'y attendre. Là où je commençais à tiquer, c'est en voyant le nombre croissant de pancartes ou de messages appelant à la réunification de la Bretagne. Il y avait aussi une jeune-anar-mobile diffusant en boucle et à fond le morceau des Ramoneurs de Menhirs mêlant Bella Ciao et l'hymne de l'ARB sur fond de punk-noz. Bref, les braillards simplistes semblaient décidés à prendre de la place.

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Mais bon, on était à Nantes, dans cette Loire-Atlantique artificiellement rattachée aux Pays de la Loire en 1941 par Pétain et en malaise identitaire depuis.
C'est quand la manifestation proprement dite s'est mise en branle que c'est devenu vraiment n'importe quoi. Il y avait beaucoup de gens, ça faisait plaisir. Plus tard, on dira 5 000, ou 10 000. Venus des 4 (5?) coins de la Bretagne, avec des accordéons, des cornemuses, des bombardes, et des bagadou entiers venus offrir leur répertoire à la rue pour afficher la vivacité de la musique et de la pratique amateur.
Et ça aurait pu être très bien, convivial et digne. Mais on n'a très vite entendu que des cris réclamant le rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne. De la défense de la pratique amateur, pas un mot, presque aucune pancarte, pas un slogan. Mais des jeunes cons aboyant des slogans idiots et agressifs, ça oui. Bref florilège : "face à la propagande des Pays de la Loire, agissons et sabotons", "pays de la Loire, pays bidon, Loire-Atlantique, pays breton", "Pays de la Loire, va te faire voir" et autres joyeusetés simplificatrices et méprisantes envers les régions avoisinantes. On rejoignait là la frange la plus infecte du repli identitaire, avec des relents non-dits (mais assez explicites formulés comme ça) de supériorité de la culture bretonne sur les autres. On sentait pleinement des gens pas suffisamment sereins dans leur identité pour juste la montrer avec générosité et fierté, mais la proclamant avec hargne et rejet du reste. D'où certaines scènes lamentables avec des gens criant au défilé, depuis leur balcon : "mais on n'est pas bretons !", "fachistes à biniou!" et autres crachats verbaux qui ne faisaient qu'attiser une confrontation stérile. D'où, aussi, un certain malaise de beaucoup de manifestants, j'imagine, qui étaient venus, comme moi, pour parler d'autre chose. Certains en riaient gentiment, inventant des slogans comme "La Brière aux Vendéens", ou "Limousin indépendant".

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Mais personne n'a réagi. L'organisation n'a pas freiné cette récupération. Il y a là une vraie responsabilité dans ce qu'allait en retenir la population nantaise et les médias suivant le défilé. Comme j'allais le comprendre par la suite, le débat sur la réunification avait bel et bien sa place dans l'évènement; mais, en revanche, que le thème principal de la manifestation soit complètement absent des affiches et des slogans montrés à la population, c'est absolument lamentable. Pour ma part, quelle que soit mon opinion sur la réunification, je n'étais pas venu pour ça, mais pour un sujet à la fois universel et beaucoup plus concret en termes de conservation et vitalité de l'identité culturelle bretonne. J'ai trouvé cette déviance insupportable et j'ai quitté le défilé, pour me promener (et me calmer) dans les rues de Nantes la jolie.
Vers 16h30, j'ai rejoint le site central avec les manifestants, pour y entendre les discours des organisateurs et la musique. Là, je dois dire que mon avis, avec l'information plus complète que j'y ai reçue, a été un peu tempéré. En effet, j'ai trouvé les discours des organisateurs, qui sont pour la plupart des acteurs importants de la vie culturelle locale, à petite ou grande échelle, particulièrement intelligents, intelligibles et clairs.
J'y ai appris notamment que le projet de Mme Albanel visant à encadrer dans un carcan légal les pratiques amateurs était visiblement abandonné (semble-t-il définitivement, mais soyons vigilants, ce genre de choses resurgit sous d'autres oripeaux de façon récurrente). Ce qui justifiait que d'autres thématiques soient davantage mises en lumière, que d'autres revendications soient affichées avec plus de force.
Pour défendre la culture bretonne, le transfert de compétences de l'Etat vers les régions est d'autant plus cohérent que les présidents de région n'auraient jamais été assez déconnectés de la réalité de leurs administrés pour pondre un projet comme celui sur les pratiques amateurs (alors que l'Etat, lui, l'a fait). Une attitude cohérente des tenants officiels des régions concernées par la culture bretonne peut effectivement passer par un travail commun que consacrerait le rattachement de la Loire Atlantique à la région Bretagne, ce que semblent appeler de leurs voeux les présidents de région et de département concernés, MM. Le Drian et Mareschal.
Mais il demeure un décalage, je n'en démords pas, entre ce qui était prévu et ce qui s'est déroulé. Sur le site internet présentant officiellement la Festimanif, il n'était pas question, sinon de façon très logiquement marginale, d'autres enjeux que celui de la sauvegarde de la pratique amateur. Et même si tous les artistes qui ont suivi ont pu parler d'une même voix en conformité avec l'ensemble de la manifestation et évoquer autant la réunification que le projet de loi abandonné et l'importance des passerelles entre amateurs et professionnels, l'importance du rôle des évènements amateurs dans la survie de la pratique culturelle locale, qu'en retiendra-t-on, de cette festimanif? Ceux qui y ont assisté sont de deux ordres : ceux déjà convaincus et informés, qui ne changeront pas d'avis. Et les autres. Qui seront sans doute, je le crains, peu convaincus par les manifestations verbalement agressives et bêtement caricaturales qui se donnaient en spectacle en toute impunité sans qu'aucun versant plus réfléchi et nécessairement nuancé donne de la voix.

Que garderont en tête ces gens, ceux qu'il faudra éventuellement convaincre au moment d'un référendum sur l'appartenance éventuelle de la Loire-Atlantique à la Bretagne ? Je parlais il y a peu des attitudes jacobines d'un autre âge qui motivaient le mépris envers une culture bretonne ouverte et n'ayant pas peur de s'offrir au monde. J'ai vu samedi dernier des crachats identitaires des plus malsains, de la bêtise comme seule une foule débridée peut en manifester. Les gens retiendront peut-être, c'est à craindre, cette conception d'un autre âge de la Bretagne. Comment obtenir une autonomie légitime comme d'autres régions d'Europe ont su la développer (régions espagnoles, allemandes, Ecosse...) en ne présentant qu'un visage aussi fermé? C'est dommage.
Pour le reste, les performances des artistes étaient globalement très bonnes. Avec, quand il y en avait, des discours politisés sans excès mais fondés, et surtout ce que j'attendais de l'ensemble de la manifestation, à savoir la démonstration d'une vivacité culturelle et musicale qui parle bien mieux que des slogans. De chanson ou musique à danser très "trad " à des formes plus émancipées et moins conservatoires, la fête était là, et la belle unité d'une identité culturelle évidente.
Après une prestation sympathique et enlevée du bagad de Nantes,on a ainsi vu défiler les Tri Yann, l'excellent (mais trop court) duo André Le Meut-Samuel Le Hénanff, Gweltaz Adeux, Nolwenn Korbell et Didier Dreo, un trio de kan ha diskan d'enfants assez formidable (les kanfarted je ne sais plus quoi (désolé)), Gilles Servat, le non moins excellent Pascal Lamour, les non moins formidables Baragouineurs, ainsi qu'un  duo guiatare-violon et un groupe de chanteuses, deux formations vraiment pas mal mais dont je n'ai pas retenu le nom (re désolé).

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Tout cela nous a emmené jusqu'aux alentours de 23h, soit assez franchement tôt pour un fest-noz, assez franchement tard pour une manifestation. En rentrant, les impressions étaient contradictoires. L'ensemble de l'évènement avait une certaine cohérence et une vraie légitimité, mais qui aura-t-il convaincu en dehors des gens déjà interpellés par ces enjeux, voire déjà convaincus? Je ne sais pas. Le lendemain, l'article du Télégramme (voir aussi ici), contre toute attente, donnait une vision de tout ça assez différente de la mienne, et plus conforme à ce que j'aurais espéré de prime abord. Tant mieux, quelque part. Pour le reste, je préfère en rester à l'esprit dans lequel j'en suis sorti, après avoir dansé un petit laridé de derrière les fagots.

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dimanche 21 septembre

James Crumley est mort

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Et merde.

     James Crumley est mort. Et c'est un grand qui part. Un auteur de polars ? Non, Monsieur : un écrivain. Un grand, assez grand pour que son écriture ne la ramène pas, pas le genre de la maison, mec, tout en vous en imposant d'emblée,. Une écriture limpide, directe et sans ambages, sons trash complaisant, sans maniérisme gras, une écriture généreuse,  pétrie d'une humanité indécrottable, d'une chaleur au plus profond de la déglingue et de la poisse. James Crumley est mort. Un type qui, parait-il, ressemblait à ses livres (à moins que ce ne soit l'inverse). Si c'est ça, on peut dire qu'il a vécu, le bonhomme.  Un mec qui sait ce que c'est que d'avoir des tripes, parce qu'il décrit bien combien ça fait mal quand on tape dedans.  Avant de claquer, à 69 ans, il a donné aux lecteurs une poignée de livres importants.
     Crumley n'est pas Bukowski, n'est pas Chandler, n'est pas Harrison. Il a tracé son parcours bien à lui, dans son Montana, jusqu'à y laisser suffisamment sa patte d'ours pour y faire école. Il connaîssait l'humanité suffisamment pour en retranscrire les élans respectables comme les bassesses, l'obstination comme l'incapacité à affronter certaines situations quand la vie, décidément, n'y met pas du sien. Avec compréhension pour les errances, les excès, le refuge dans la jouissance immédiate et l'amitié débonnaire, quand tout le reste n'a guère plus de sens, la plupart du temps. Avec toujours ce regard bienveillant, dur et impliqué, les pieds dedans, devant tout ce que l'existence, précaire, médiocre et rèche, peut avoir d'inaccompli. Crumley racontait des destins déglingués, rafistolés et qui tenaient la route en godillant de la patte, avec leur lot de trahisons, de blessures affectives et d'erreurs lourdes. Il ne parlait pas de l'essence atemporelle de la condition humaine, non ; il avait l'intelligence de placer ses personnages dans une géographie, un contexte social, revendicant sans doute cette imprégnation et ce qu'elle a de déterminant dans le parcours et l'identité des gens. Le bonhomme avait un vrai talent pour évoquer ce qui fait de nous des êtres sales mais respectables, parfois, pour peu qu'on s'en donne la peine. Il laisse un trou béant. Reconnu mais pas acclamé, il sera sans doute injustement laissé en bordure du panthéon des écrivians américains contemporains, mais il s'en foutait sans doute. Je n'en sais rien, à vrai dire. avait la trampe des plus grands. Putain James, tu manques déjà. Trop peu, trop peu de bouquins. Et tant dedans, déjà, ceci dit.
Ils sont tous bons, du terrible Un pour marquer la cadence aux tribulations de ses deux personnages emblématiques et qui lui ressembaient forcément un peu, Sughrue et Milo. Lisez Le dernier Baiser et Fausse piste. C'est avec eux que j'ai découvert Crumley, je n'en ai pas démordu depuis. Le Montana est encore plus rèche et enclavé depuis quelques jours. A la tienne, vieux Crumley. Merci.

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jeudi 18 septembre

Danger sur la pratique amateur, la culture et la vie locale...

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Comme j'espère beaucoup d'autres, je serai samedi 20 septembre à Nantes dans le cadre de la "Festimanif" organisée par une quinzaine d'organismes et associations de Bretagne. Je reparlerai de l'évènement proprement dit après-coup, mais au-delà du cadre breton, les raisons de la mise en place de ce genre de moment ont de quoi interpeler beaucoup de gens, parce qu'elles touchent à un des fondamentaux de la vie culturelle et de l'épanouissement personnel, à savoir la pratique amateur.
Un projet de loi gouvernemental a en effet pour objet de "règlementer" la pratique amateur, c'est-à-dire l'exercice d'activités dans le domaine culturel (pouvant donner lieu à des représentations ou des manifestations à caractère public) à titre bénévole ou en tout cas non professionnel. Les associations organisatrices d'évènements socio-culturels auraient ainsi pour obligation de déclarer tout participant audit évènement et d'oganiser salaire, charges et taxte pour chacun d'entre eux. Ce poids administratif et financier, dont on ne voit pas trop la raison d'être (qu'on m'explique, je suis tout ouïe...), aura à coup sûr pour effet d'étouffer la spontanéité et la capacité à mettre en place de tels évènements, dans un cadre souvent convivial et qui contribue au tissu culturel et plus largement humain d'une communauté, aussi bien en milieu urbain que rural.
Si ce projet est réalisé, demain, vous qui faites partie d'une troupe de théâtre amateur, vous qui chantez dans une chorale ou jouez du tromblon dans la fanfare du coin, et qui voulez participer à des moments de partage avec le public sans en passer par des structures pro, ce sera ou bien particulièrement compliqué, ou bien carrément impossible. Quid de la passerelle entre amateur et pro? Quid du plus important dans l'histoire, à savoir ce que ce genre de pratique apporte à tout un chacun, participant ou spectateur?
Evidemment, dans le contexte breton, ce projet résonne d'une façon encore plus intolérable. D'une part parce que la France s'obstine par ailleurs à un mépris jacobin d'un autre âge envers les cultures régionales, à l'encontre des formes de reconnaissances que développent des pays européens pourtant pas minés dans leur identité nationale pour autant. D'autre part parce que la pratique amateur est ici le ciment, le ferment et le fondement de toute la vitalité de la culture locale. Associations, concours, festou-noz, cercles, bagadou, comités locaux en tout genre contribuent à l'émulation toujours renouvelée pour la culture spécifique de cette région. Sous toutes les formes d'expression possibles, l'identité bretonne s'est conservée et ouverte au monde pour une enrichissement mutuel au travers d'initiatives modestes ou ambitieuses qui ont fait sa force. Sarthois d'origine, je mesure avec une certaine acuité à quel point cette vitalité est enviable en termes d'identité, et à quel point il est idiot de la concevoir comme une menace communautariste.
La culture est faite par les gens, petitement ou pas, gratuitement ou pas, au quotidien comme au travers d'évènements forts, la règlementer de la façon qui s'annonce serait la tuer purement et simplement. Chacun comprendra bien d'une part que ça ne concerne pas que les bretons et leurs satanés binious, mais bel et bien tout le monde, et d'autre part que si on tue le fondement de la pratique culturelle, le reste mourra aussi. Et la culture sera cloisonnée, étanche et professionnalisée-aseptisée, et l'on la donnera au peuple comme du grain pré-mâché au bétail.
Rendez-vous à Nantes (ou à Paris, il y a un équivalent d'organisé) à partir de 14h pour une manifestation faite de revendications légitimes et de festivités musicales en tout genre, pour montrer l'énergie et la spontanéité conviviale d'une culture populaire qui n'entend pas s'accommoder de carcans sectaires.

PS : pour en savoir plus, allez ici ou bien .

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dimanche 14 septembre

Ourawen

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        Parmi les raisons qui m'ont tenu éloigné de ce blog (sans qu'il y ait mort d'homme, rappelons-le), il y a un projet personnel qui a fini par prendre forme et que je finis pas évoquer ici, parce qu'après tout ça fait partie selon moi et en toute humilité des musiques qui me correspondent (forcément, un peu) et que j'ai envie de partager.
     Initiateur du groupe, j'y joue de la guitare dans une formation qui s'est désormais stabilisée avec un percussionniste, un violoniste/saxophoniste et un flutiste. Groupe destiné à jouer dans les festou-noz d'ici et d'ailleurs, Ourawen joue une musique bretonne décomplexée, ouverte à tous les horizons ethniques et musicaux, des balkans au moyen-orient, avec des pulsations et des balancements qui correspondent à des danses précises mais, loin des biniouseries à mémé, développent un groove à part entière, qui commence à mûrir et ne demande qu'à s'amplifier. Le groupe, sous sa forme actuelle, date du printemps 2008 (avec des essais quelques mois auparavant) et ne demande maintenant qu'à démultiplier ses performances scéniques. Dès qu'on aura un support décent à faire écouter, nul doute qu'il aura droit auxhonneurs de ma webradio.
    Ourawen est un mot touareg (aussi orthographié ouraouen) qui désigne la position des mains jointes et ouvertes, pour recevoir ou offrir.

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samedi 13 septembre

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Inspiré d'une bouffée de Pierre Dubois amenée par la lueur photophorique du vendredi soir fatigué...

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vendredi 12 septembre

con comme un internaute

Comme je suis dans une phase où je retâte un peu du net, où je remets le nez dans les effluves pourtant souvent fadasses des écrits bloggesques de mes contemporains, je ne peux m'empêcher d'ouvrir le bal de mes propres "nouvelles" chroniques-qui-n'engagent-que-moi en citant amplement le point de vue d'une autre que, une fois n'est pas coutume, je fais complètement mien. Il s'agit d'une tribune de Manu Larcenet à propos du web 2.0 et plus généralement de cette attitude qui consiste à donner la parole aux cons en appelant ça de la démocratie participative en action. Je cite des extraits d'un tout qui se trouve , et puis je commente :

"Je le dis tout net, le Web 2.0 est une escroquerie. Franchement, qui a lancé cette mode burlesque qui dit que chacun se doit d’avoir un avis sur tout et qu’en sus, il est nécessaire de l’exprimer publiquement sous couvert de citoyenneté et d’anonymat?

 

En quelques années qui resteront une tâche sombres dans l’histoire pourtant déjà chargée de l’humanité, l’étalage de sa propre pauvreté d’esprit est devenu le comble de la modernité…[...]

« L’ère du tout puissant commentaire » est à nos portes, camarades! Les incompétents se ruent à l’assaut des places fortes de la culture, de l’information, des sciences, de la politique, de la philosophie, de l’Art, même! Et ils vont gagner, bien sûr, parce qu’ils sont les plus nombreux!

Camarades, on veut nous faire gober que la fin des « spécialistes » entrainera l’avènement des petites gens, que nos avis compteront enfin et que c’en sera fini des élites! Mensonges! Illusions que tout ça, bordel! Hubert Reeves sera toujours plus pertinent en matière d’astrophysique que moi. Si si.

Tiens, puisqu’on en parle, il arrivera le moment où le même Hubert Reeves sera renvoyé dans les cordes par Monsieur Zobi123 d’un cinglant «  LOL! C pa paske G pas de 10plomes que je doigt me taire! C sa, la liberT d’espretion, sale sarkoziste ». Et la foule applaudira son hérault parce qu’il aura réduit le savant à rien, c’est à dire à la portée de chacun. Et Hubert Reeves s’en retournera, confus et le regard sur ses pompes, à l’étude de ses chers trous noirs ce qui fera, espérons-le, au moins plaisir à sa femme. [...]

Alors , maintenant, lorsque je tombe sur un site où l’on prie au passant de s’exprimer sur tout et n’importe quoi, je tourne les talons virtuels et je rentre à ma maison. Dans le « Web 2.0 », c’est quand même le « 0 » qui prend le dessus."

Là où je rejoins tout à fait le sieur Larcenet (qui pour fort en gueule qu'il soit n'en est pas débile pour autant, la preuve), c'est qu'il y a là une duperie intellectuelle. Dans cette démarche de faire croire aux gens qu'ils vont avoir un poids en laissant un commentaire en bas d'un article de presse ou sur un formum quelconque, on a la même chose que dans le politiquement correct ou le :"la guerre c'est mal", c'est-à-dire une démarche idiote servie par une idée évidente. Moi aussi, j'ai laissé des commentaires ou mon avis deci de là sur le net, j'étais assez content de pouvoir réagir à la lecture de certains écrits, mais je ne le fais plus trop. D'abord parce que ça n'a qu'un poids relatif et d'autre part parce que, comme le dit Larcenet, quand ça en a (du poids) ça participe d'un hold-up où tout le monde perd. Quand tout le monde s'exprime, force est de reconnaître qu'on perd beaucoup de temps à s'y retrouver entre la majorité de gens qui n'ont rien à dire, ou des banalités, ou des choses outrancières, et de vrais interlocuteurs informés, éclairés même, dont la voix ne perce pas dans la foule.

Là où ma voix diffère de celle de Larcenet, c'est que je crois quand même que ça participe d'un processus démocratique. Bien entendu, Hubert Reeves perdrait beaucoup de temps à contredire toutes les idioties qu'on pourrait lui opposer. Il en a la carrure intellectuelle et le crédit, mais quelle perte de temps et d'énergie ! Heureusement que tous les experts ne se confrontent pas quotidiennement sur le net à leurs contradicteurs fiers de leur opinion mal façonnée. Mais la confrontation des idées a quelque chose de positif, nécessairement.  Parfois contreproductif, c'est clair.

La démocratie locale et participative, la vraie, elle est compliquée, elle fait perdre beaucoup de temps et d'énergie dans des débats laborieux quand parfois il serait plus simple de faire taire tous les gens qui, sans être cons ou bornés, ont juste un avis digne du café du commerce. Mais ça peut être fructueux de se contraindre à ce dialogue. Quand ce n'est pas un dialogue de sourds.

Sauf que le net n'est pas un espace où tout encourage à se respecter, à dialoguer durablement dans la nuance et l'honnêteté intellectuelle. Les gens qui se drapent de beaux principes inapplicables ou qui avancent des théories fumeuses pour réclamer la tête de Domenech, le retour de la monarchie ou qui donnent dans l'antisarkozysme obsessionnel, tout cela fait une mare épaisse et médiocre que, comme d'autres, je fuis de plus en plus. C'est dommage, peut-être.

Mais, comme devant d'autres grands poncifs sur la société moderne où le consomm'acteur est encouragé à donner de la voix, je suis peu enthousiaste et je retourne plus volontiers à mon jardin en coupant la connexion internet. Sauf que beaucoup de choses, désormais, seront façonnées par les gens qui savent s'y faire entendre, sur le net, avec les règles du jeu tordues qui s'y imposent. Ben tant pis. envie.

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jeudi 11 septembre

kipiktryptique 1

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Posté par herisson sauvage à 05:29 - dessins - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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