samedi 01 janvier
a l'abri du vent

Il y a la côte, découpée comme on écharpe un bout de tissu, avec des rochers plus grands que tout, énormes, laissés dans tous les sens par la marée. Et toi qui marche placidement, avec des amis fatigués mais rigolards, qui babillent et déambulent entre ces rocs trempés, sous le vent et dans les odeurs brassées. Il y a la statute du saint les pieds dans l'eau, le nez abîmé par la légende qui fait y accourir les filles en mal de noces. Il y a la brume qui enveloppe tout ça, qui t'enveloppe toi, et cette distance entre chaque chose découpée par la brume, la fraicheur de la côte et le bruit de la mer, retirée mais pas si lointaine, si grande qu'elle n'est jamais loin de toi, toi si petit, qui marche sur son bord.
Il y a des appels sur ton téléphone, le regret de l'avoir emmené et la joie d'entendre les parents, heureux on dirait, à l'autre bout du fil, et un ami, défait mais joyeux après les agapes de la veille. Si loins, si proches. Ici, rien ne t'approche, c'est la brume qui découpe le littoral et sépare les éléments les uns des autres. Parce que ça ne tient sans doute guère qu'à ça. Tu repenses au cimetière abandonné en haut de la colline, ce matin, à la petite église trapue, aux inscriptions latines péniblement déchiffrées sur les stèles usées, aux vies effacées. Tu te laisses dériver, il y a du laisser aller, et les rires et la conversation des amis ne sont qu'un bout de décor, ouaté, chamarré, que tu fréquentes avec négligence et un sourire en coin. La fatigue est là, et la brume, et rien ne t'arrache à la rêverie pateuse de ce premier jour.
PS: à ceux qui pensent que, décidément, j'en tenais une sévère et qui lancent déjà une souscription pour un achat gruopé d'Alka-Seltzer, je dirai: ben non, même pas, je ponds des trucs comme ça même à jeun (un brin fatigué, quand même), et c'est presque pire, quand on y pense.
jeudi 30 décembre
pas envie de dire autre chose

Bon si avec tout ça je ne passe pas pour un bon gars, c'est à désespérer de la crédulité humaine...
PS: je n'ai pas mis Action contre la faim, vu que je n'ai pas aimé leur comportement en afghanistan sous le régime taliban, mais on peut aussi aimer Ruffin et trouver soi même comment leur donner des sous...
lé rétûur
Ainsi va la vie, avec son lot de petites contrariétés. Je suis revenu, il faut se faire à l'idée.
jeudi 23 décembre
ça ne coûte rien...

...un
peu de bons sentiments, histoire de prouver que sous les picots du
hérisson sommeille lourdement un coeur de pierre qui sait s'éveiller au
bonheur d'autrui. Et, vu que je pars quelques jours en famille comme il
se doit, subir avec allégresse les réjouissances de saison, je prends un peu d'avance (des fois que je ne réussisse pas à installer une £§*%µ$! de connexion là-bas) pour vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes de fin d'année, aussi gavées de bonheur crétin et d'humanité sincère que possible.
chose promise, chose due...

Bon, ben je n'ai pas pu résister à vous faire profiter de ce joli paradoxe: le premier personnage playmobil que je découvre avec une vraie poitrine est une nonne! Déjà que c'est assez drôle de voir un tel personnage rejoindre la famille des gens-qui-n'ont-ni-coude-ni-genoux
(ouais, playmobil c'est plus court je sais), mais en plus de ça la voir
avec ces attributs là (ça ne se voit pas trop sur la photo, mais je
vous jure que la nature a été généreuse avec
cette petite playmobil), ça donne envie de s'intéresser à la religion.
Et après tout, c'est peut-être le but. Serait-ce une manigance de plus,
en ces temps marqués par le néo-conservatisme catho de Bush et
consorts, destinée à amener les bambins sur la voie des Saintes Ecritures par tous les moyens possibles? A quand la Barbie mormonne en 95D ?
mercredi 22 décembre
humain trop humain 004 : blague de Noël

Oui ben eh oh, j'avais qu'une feuille verte sous la main, alors dites vous que c'est fait exprès, essayez de trouver pourquoi (c'est vachement subtil, alors cherchez bien, j'offre l'original à qui trouvera l'explication la plus convaincante), ça vous occupera.
un noyeux joël
Non, vous ne rêvez pas : il existe bel et bien une crêche PlayMobil.
Oui, madame! De mon temps, ce n'est pas vraiment le genre de choses
qu'on aurait cru possible. Mais de la même manière qu'il existe une
nonne Playmobil (pour un prochain message, promis),
on peut désormais décliner le joli diaporama séculaire et consacré à la
sauce joujou. Et puis, après tout, ce petit Jésus là en vaut bien un
autre.
Tout y est, simplifié comme il se doit et réduit à des images aisément accessibles, chaque personnage ayant des attributs facilement reconnaissables. Dès les débuts de l'iconographie chrétienne, on en était là. Chaque artiste représentait les personnages de la Bible avec les costumes de son époque à lui, en plaçant des visages pris parmi les mécènes de l'oeuvre ou son entourage, mais chacun était identifiable à ses attributs. Comme le plastique n'était pas encore inventé, des milliers de générations ont ainsi du se passer de la version Playmobil, un peu l'aboutissement ultime d'une longue tradition d'art chrétien. La boucle est bouclée, on peut passer à autre chose.
Ce qui est génial, aussi, c'est que comme ça fait partie de l'univers playmobil, les autres élements sont compatibles (je ne sais pas pour vous, mais moi ça ne me génait pas trop de mélanger un cow-boy avec un pirate ou un fermier, il faisaient tous partie du peuple Playmobil). Imaginez le souk que peuvent mettre les sauvages sortis du drakkar viking dans cette jolie scène de l'Avènement. Marie passerait sûrement un sale quart d'heure, mais je me garderai bien de pousser plus loin mon scénario déviant. D'autres s'en chargeront bien à ma place.
Tout y est, simplifié comme il se doit et réduit à des images aisément accessibles, chaque personnage ayant des attributs facilement reconnaissables. Dès les débuts de l'iconographie chrétienne, on en était là. Chaque artiste représentait les personnages de la Bible avec les costumes de son époque à lui, en plaçant des visages pris parmi les mécènes de l'oeuvre ou son entourage, mais chacun était identifiable à ses attributs. Comme le plastique n'était pas encore inventé, des milliers de générations ont ainsi du se passer de la version Playmobil, un peu l'aboutissement ultime d'une longue tradition d'art chrétien. La boucle est bouclée, on peut passer à autre chose.
Ce qui est génial, aussi, c'est que comme ça fait partie de l'univers playmobil, les autres élements sont compatibles (je ne sais pas pour vous, mais moi ça ne me génait pas trop de mélanger un cow-boy avec un pirate ou un fermier, il faisaient tous partie du peuple Playmobil). Imaginez le souk que peuvent mettre les sauvages sortis du drakkar viking dans cette jolie scène de l'Avènement. Marie passerait sûrement un sale quart d'heure, mais je me garderai bien de pousser plus loin mon scénario déviant. D'autres s'en chargeront bien à ma place.
mardi 21 décembre
humain trop humain 003
tête de jeune

Hier, j'en avais bien marre de ne pouvoir mettre en place l'adsl et la livebox de Wanadoo, donc je suis allé à l'agence France Telecom la plus proche pour en avoir le coeur net. Et là, vérification faite, la ligne était belle et bien ouverte et ils ne pouvaient pas me dire beaucoup plus, à vrai die. A moi d'appeler le service d'assistance technique, quoi, histoire de vérifier que j'avais fait les bons branchements (ben non tu penses, je ne sais pas lire une notice, et puis je l'ai refait 10 fois, mais ça a du m'échapper). Summum de la compétence et du conseil de spécialiste: "Ben sinon, vous avez pensé à désinstaller et réinstaller?" A mon regard consterné il a fini par comprendre, enchaînant : "Oui, vous y avez pensé..."
Ce que j'ai préféré, c'est qu'un des jeunes gars qui s'occupaient de moi (oui j'avais de la chance, il n'y avait personne, donc j'en avais deux rien que pour moi) m'a demandé où j'habitais. Courtois, ainsi qu'à mon habitude, je lui ai donné la précieuse information. Eberluement de sa part (genre j'habite le trou du ventre du monde, sans doute pas encore raccordé en eau potable). "Ah oué ils ont l'adsl là bas, maintenant ? Du combien?" Grmml (il avait mon abonnement sous le nez). "Ben j'ai pris l'offre DébitMax, donc ça pousse jusqu'à 6 ou 8 Mo en download..." Et là, imparable, il me regarde avec un sourire en coin en disant: "Ah ouééé, ça va y aller, les mp3..." Pas démonté, je lui ai répondu, droit dans les yeux et avec le sourire : "Sûrement pas, vu que c'est illégal." (ce qui est faux, on est d'accord, mais les idées réductrices passent mieux que les nuances, je ne sais pas si vous avez remarqué).
Ce que j'ai compris, avec cette réflexion, c'est que j'avais probablement la tête d'un webdélinquant. Moi qui croyait que c'était monsieur tout-le-monde, que justement les téléchargeurs pilleurs de fonds de caisse de maisons de disques n'avaient pas de visage particulier. Ben si, on dirait, finalement. Bon, à sa décharge, il m'a vu arriver de loin, le gugus, avec mes boucles d'oreilles asymétriques, ma barbe mal taillée et mon bonnet afghan (encore heureux qu'il cachait ma tignasse tressée lol), il a cédé à la facilité et parié que j'étais un étudiant teufeur de type rennais de base. Le syllogisme consistant à extrapoler en faisant de moi un immonde webnaute pillard était commode. J'ai préféré prendre ça bien et me dire qu'à 31 ans, on pouvait toujours me prendre pour un étudiant, donc pour un jeune. Cela n'a pas que des bons côtés, et j'apprécie parfois qu'on me prenne pour un adulte entier, mais bon, n'empêche, ça fait toujours plaisir.
Ah oui, sinon, j'ai bien l'adsl chez moi, ayé. Je me suis débrouillé tout seul, j'y ai passé ma soirée mais ça marche. J'en viendrais presque à croire au père Noël.
dimanche 19 décembre
Clannad

Où l'on reparle de musique celtique... oui, je sais, j'avais promis (ou
presque...) mais je me fais rattraper par les circonstances. Lors de ma
virée rennaise, je me suis trouvé à déambuler, sous la pluie et dans le
flot des gens tendus vers l'objectif unique du moment, qui semble être,
je vous le donne en mille : les achats de Noël (ceux
qui ont répondu la paix dans le monde, la disparition des mines
anti-personnelles et l'annulation de la Dette du Tiers-Monde ont droit
à toute mon estime, mais il serait temps d'être un peu moins naïfs,
tout de même...) Bercé sans doute par la foule tranquillement
enfiévrée, j'ai échoué au Virgin Megastore. Sans rien voir d'autre que
des choses à acheter (normal, il faut bien le dire...), je me suis
retrouvé parmi les cd, à fouiner sans trop y réfléchir, voyant surtout
des trucs à acheter pour moi, je l'avoue, n'achetant rien, justement,
par principe... Et là, je l'ai trouvé!
Le premier album de Clannad. Album éponyme, daté de 1972, un des vinyles que mon père n'a pas. Je connaissais la réédition en cd, mais je n'avais jamais pu me la procurer. J'ai douillé (24 €) mais je l'ai acheté, cet album. Et vous savez pour qui? Pour mon père, parce qu'il ne l'a jamais entendu, lui qui m'a fait découvrir ce groupe comme il m'a fait découvrir toute la renaissance bretonne et irlandaise des années 1970. Je suis trop bon, je sais... Dire que je ne l'écouterai pas avant une semaine!
Tout ça pour vous dire, surtout, de découvrir ce groupe. Attention cependant : il a connu au cours des années 80 un revirement très new-age variet' qui déplaira aux fans de la musique trad.
Que dire de ce groupe? Que la chanteuse, Maïre Brennan, a une voix unique et angélique, qui sait donner aux méloppées irlandaises toutes les nuances de joie et de mélancolie qu'elle peut contenir ? Que cette musique, jouée avant tout par des frères et soeurs issues de deux familles (dont est aussi issue Enya, mais c'est un peu la brebis galeuse à mon gout), est tout sauf traditionnelle et usée? Qu'elle y apparait fraiche, vivante, enjoué, interprêtée avec talent et sans faute? Que j'ai convaincu certains de mes amis d'écouter du Clannad alors qu'ils n'en avaient rien à secouer de la musique irlandaise?
Les albums Clannad 2, Dùlaman, Clannad in Concert et Crann Ull sont tous fantastiques du début à la fin. Fuaïm (avec Enya, justement), est très bien aussi. Si vous en avez l'occasion, essayez, je vous jure que c'est un grand groupe, accessible et indépendant de tout style musical précis. C'est juste beau.
Le premier album de Clannad. Album éponyme, daté de 1972, un des vinyles que mon père n'a pas. Je connaissais la réédition en cd, mais je n'avais jamais pu me la procurer. J'ai douillé (24 €) mais je l'ai acheté, cet album. Et vous savez pour qui? Pour mon père, parce qu'il ne l'a jamais entendu, lui qui m'a fait découvrir ce groupe comme il m'a fait découvrir toute la renaissance bretonne et irlandaise des années 1970. Je suis trop bon, je sais... Dire que je ne l'écouterai pas avant une semaine!
Tout ça pour vous dire, surtout, de découvrir ce groupe. Attention cependant : il a connu au cours des années 80 un revirement très new-age variet' qui déplaira aux fans de la musique trad.
Que dire de ce groupe? Que la chanteuse, Maïre Brennan, a une voix unique et angélique, qui sait donner aux méloppées irlandaises toutes les nuances de joie et de mélancolie qu'elle peut contenir ? Que cette musique, jouée avant tout par des frères et soeurs issues de deux familles (dont est aussi issue Enya, mais c'est un peu la brebis galeuse à mon gout), est tout sauf traditionnelle et usée? Qu'elle y apparait fraiche, vivante, enjoué, interprêtée avec talent et sans faute? Que j'ai convaincu certains de mes amis d'écouter du Clannad alors qu'ils n'en avaient rien à secouer de la musique irlandaise?
Les albums Clannad 2, Dùlaman, Clannad in Concert et Crann Ull sont tous fantastiques du début à la fin. Fuaïm (avec Enya, justement), est très bien aussi. Si vous en avez l'occasion, essayez, je vous jure que c'est un grand groupe, accessible et indépendant de tout style musical précis. C'est juste beau.