la tanière du hérisson

Bretagne, début du XXIe siècle. Un hérisson arpente l'existence, en musique et en souriant (quand c'est possible)... Il finira écrasé, comme les autres, mais il fait comme s'il ne le savait pas.

jeudi 10 février

humain trop humain 007 : affres du trop simple

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mercredi 09 février

le poids perdu des mots disparus


    Deux bouts d'émissions de radio, en voiture, en fin d'après-midi et ce soir.
      Retour nocturne du Ju-Jitsu, France Inter dans l'habitacle et des couillons de lapins qui traversent n'importe comment à l'extérieur. On entend le moteur et aussi ce bon vieux José Arthur qui reçoit Bernard Pivot, ça discute de choses diverses avec la faconde dont sont capables ces deux là. Et Pivot d'évoquer avec justesse les mots qui disparaissent. On parle des mots qui font leur entrée dans le dictionnaire, les mots à la mode ou suffisamment coutumiers pour qu'on les admette dans le vénérable ouvrage de référence. On ne parle pas de ceux, moins fortunés, qui partent "par la petite porte". Qui juge qu'ils n'ont plus leur place dans un dictionnaire? Qui relève leur fréquence dans les écrits (romans, essais, journaux, etc..) ou leur emploi oral? Etrange mécanique qui n'est en tout cas pas anodine et qui modèle notre langue, mine de rien, au moins un tout petit peu.
     Autre émission, en fin d'après-midi, qui rétrospectivement fait écho à ces propos très littéraires. Un type (un écrivain, pardon) venait présenter son bouquin. Il faisait état, lui aussi, de la façon dont les mots modèlent la pensée. De la façon dont l'expression "plan social" renvoit à une réalité inverse de ce qu'elle évoque. De la façon dont on s'est persuadé que la classe ouvrière avait disparu parce qu'on a fini d'employer le mot ouvrier. Et l'on se perd en conjecture sur la façon, aussi, dont le discours politique s'est unifié, sur la façon dont les ténors de gauche comme de droite emploient les mêmes mots, s'emploient à résoudre les mêmes problèmes dans les mêms termes. La gauche parle de croissance comme on parlerait du bonheur et, de même qu'on ne parle plus de parti ouvrier, on n'utilise plus l'expression naguère en vogue de représentation politique "bourgeoise" en désignant l'UDF et l'UMP, alors qu'ils s'agit tout de même de ça.
      Tout a un sens, tout exprime quelque chose, et les  béances, les oublis sont, en matière de vocabulaire, un exemple comme  un autre de la manière dont une mémoire collective se façonne ou  s'atrophie. Reconquérir sa langue, c'est aussi un combat citoyen.

      

 

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lundi 07 février

Didier Wampas est le roi


      Bon ben voila, on ne renie pas ses amours d'antan.  Les Wampas, c'est quand même une longue histoire, de celles que ceux qui l'ont un peu vécue comprennent et que les autres ne peuvent que regarder, un brin consternés, sans rien comprendre. Je ne fus pas des débuts et je ne me reconnais pas dans tout chez ces gars, mais j'ai un immense respect pour eux et ils ont créé un tel truc et ont tenu le cap suffisamment pour qu'on n'en discute même pas. Qu'on aime ou qu'on aime, ça fait partie de notre patrimoine musical national. Et donc, un brin inquiet depuis leur tube génial "manu chao" (depuis repris à toutes les sauces, notamment pendant les manifs de 2003 : "si j'avais  le portefeuille de François Fillon..."), j'avais apprécié l'album  afférent mais doutait passablement de l'avenir. Un groupe comme les  Wampas qui sort un dvd live, ça laisse rêveur... Et pourtant, à la faveur d'une virée rennaise et d'une déambulation à Rennes Musique, j'avais craqué pour une promo traitresse et étais revenu avec 2 dvd live, celui de Dyonisos et celui... des Wampas, bravo on voit que vous  suivez.
      Et là, ben grosse claque. Ils ont changé un peu, mais en fait pas du tout. J'ai retrouvé le Didier et sa troupe intacts, tout  en énergie sauvage et en envols débridés, dans des poésies punk et des ritournelles  idiotes et implacables, emballées à 100 à l'heure et sans un iota de  compromission. Le concert suinte la sincérité et l'investissement du début à la fin, ces mecs là assurent et mettent minable beaucoup de petits bras à grosses guitares. Didier, tu n'as plus les cheveux longs, tu n'as plus tes 20 ans, tu n'as plus rien à prouver, et tu donnes tout, tu ne changes rien, tu restes un ovni précieux qu'on aime faire  sien, sans pour autant prétendre te comprendre tout à fait. Tu es grand et nous sommes petits, et vice versa.

         

 

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dimanche 06 février

dites 32

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vendredi 04 février

la parlotte

 


  Ce soir, après l'école, j' ai reçu l'une après l'autre trois mamans d'élèves. Avec ou sans leurs enfants. L'une pour faire un bilan en cette moitié d'année scolaire, les deux autres parce que le comportement de leur bambin avait justifié une convocation de ma part.
    Et on a parlé. Une bonne heure et demi en tout. Juste le temps de me voir rentrer une petite heure chez moi avant de retourner à l'école à 20h pour une réunion de l'amicale laïque. Il est 23h, je commence à manger, armé et secondé d'une bonne pinte de Guinness pour faire bonne figure, parce que, quand même, c'est le week end et que demain, y a manif' (et puis même, Guinness is good for you anyway, pas la peine de bavasser sur les raisons d'en prendre). Quel boulot de fainéant, instituteur, je vous jure.
    Donc, trois rendez-vous et surtout beaucoup de parlotte. Et l'on sent à quel point ça fait du bien. Même pour les deux zigotos qui ont amené leur moman là par acumulation de comportements perturbateurs mineurs, c'était surtout l'occasion de parler et de mettre les choses à plat. A l'école, surtout dans une petite école rurale comme la mienne où le ramassage scolaire intercommunal empêche de voir la plupart des parents au quotidien, ce genre de rencontres est rare en une année. Heureusement que je les ai deux ans, les nains. J'ai eu l'occasion de parler de ce qui n'allait pas, de dire mon mécontentement et mes exigences, mais surtout, surtout, de replacer ça dans le contexte. Pour finir, les mères venues pour entendre à quel point leur mome était excécrable sont reparties rassurées, parce que j'ai pu discuter avec elles, leur faire comprendre que, dans la durée et en dehors du contexte qui les amenaient là, leurs gamins s'inscrivaient dans une dynamique positive, ils progressaient au quotidien et surtout qu'ils n'étaient pas des élèves à problème, voire des "cas". Et on ne sousestime jamais assez la capacité d'un parent à se faire des idées sur son môme en classe. Dans un sens ou dans l'autre.
    Il y a quelques jours déjà, j'avais eu, complètement par hasard, l'occasion de discuter avec une maman dont la fille avait écopé d'un mot dans le cahier de liaison faisant état de son caratère inattentif voire dissipé en classe en ce moment. J'étais estomaqué qu'elle me dise : "mais alors, elle va redoubler?" Sa fille se débrouillait très bien en classe, n'avait aucune difficulté majeure, j'avais juste pointé un problème ponctuel et c'était déjà l'incendie, l'échec scolaire programmé et la prison pour mineurs (je pousse un peu... mais l'idée est là).
     Un parent, ça s'inquiète, on oublie ça quand on ne l'est pas encore et surtout, un parent, ça ne se rend pas compte et c'est bien normal puisque ce n'est pas là pendant la journée de classe. Alors ça s'imagine et ça s'en remet à ce qu'en dit l'enfant et ce qu'il ramène à la maison d'anecdotes tronquées, déformées et de cahiers mal fagotés. Pouvoir discuter, remettre les choses en perspective est vraiment important. Mais comme pour d'autres choses, trop souvent, on n'a malheureusement l'occasion de le faire qu'avec les gens dont les enfants n'ont que peu de problème (parce que bon, tout est lié). Les autres, quand ça va, tant mieux. Quand ça ne va pas, les choses sont dures parce qu'on n'atteint personne pour seconder l'enfant une fois sorti de l'école. Et je ne parle pas que des devoirs, loin de là. L'école doit surtout se montrer un lieu d'épanouissement, où on se construit, on se découvre, on se confronte au monde et aux autres, où on découvre des modèles sociaux différents de la maison.
     Chez l'un des gosses en question, à la maison, ça bouge. Les parents s'engueulent,les deux petits frère et soeur soont des problèmes de santé . Le mome, en arrivant à l'école, parle de ça, il en a besoin. Quand il arrive à l'école, il a le sourire, il retrouve des gens avec qui il est bien, quand je le punis il ne maugrée jamais parce qu'il a le sentiment que je le traite avec équité. La confiance règne et quand on a fait comprendre ça à sa mère, qu'il y a ce terreau à partir duquel on construit depuis le début de l'année, malgré les débordements incessants, elle saisit qu'on va vers le mieux et que son gosse grandit dans le bon sens, même imperceptiblement. Et elle repart avec autre chose dans les yeux. Moins d'angoisse, plus de patience.
    Et on passe au suivant, en ne pensant pas encore à la Guinness qui nous attend, patiemment, elle aussi, ne demandant qu'un peu d'attention et de désir. Tout vient à point à qui sait attendre. Slante!

PS: photo copyright E. Veneau
      

   

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mercredi 02 février

brève de con 005

Rappelons que, condamné en octobre 2003 par le tribunal correctionnel de Tulle, l'homme avait fait appel mais que, s'étant donné la mort, il restera "présumé" coupable et ne sera jamais rejugé.

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mardi 01 février

brève de con 004

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lundi 31 janvier

O uchi gari

   


    "grand fauchage intérieur", en japonais. Et, accessoirement, une prise de judo.
    Je trouve que ça pourrait aussi bien désigner l'état dans lequel on retrouve certaines personnes parfois, un ami au petit matin avec la mine du pendu, ou des gens affalés sur des pas de portes à l'heure de la fermeture des bars. Des chutes qui font mal mais dont on se relève, pour peu qu'on ait appris à tomber. Comme au judo. N'empêche, tu passes dans une rue la nuit, tu croises un bout de vie dévasté, pour qui, même si demain ça ira mieux, ce soir rien ne saurait être pire. Un pauvre type en costume froissé qui chiale et qui a les yeux perdus, ou cette gamine qui n'en peut plus de ne pas savoir quoi faire d'elle. Un ancien camarade de classe à qui tu n'as jamais rien eu à dire, mais qui fait pitié, là, peu importe comment sa vie l'a mené là. Des vieilles femmes qui se croient aux abois et se créent des émois inutiles. Des pertes de contrôle, des chagrins. Un effondrement interne, un travail de sape que rien ne retient.
    Tu croises les regards, tu sens les gens qui se regardent s'effriter avec hébétude. Et toi non plus tu ne sauras pas quoi faire. Alors tu passes ton chemin. L'humain qui se fait avaler par ce sentiment sombre et poisseux n'a pas de prise là-dessus, il n'en voit pas. Un autre éclairage l'amènera peut-être à changer d'avis. Ou bien à faire comme si, une fois un nouveau jour levé. A repartir la fleur au fusil, au petit bonheur, sans rien avoir compris de tout ça mais en priant juste pour que ça n'arrive plus. Et qu'on ne se donne plus en spectacle devant les passants incapables.

      

      

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dimanche 30 janvier

humain trop humain 006 : coup de sang de navet

    


 
 
 

         

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soutenir la résistance positive


     En ce moment, c'est le forum social mondial à Porto Allegre,  grand'messe altermondialiste dont les clichés pittoresques ne doivent  pas cacher son rôle de laboratoire des propositions alternatives sérieuses au tout libéral d'un credo économique en cours au forum économique de Davos. Et c'est un enjeu majeur. Depuis une dizaine d'années, des activistes du monde entier se montrent conscients du fait que contester et résister est bien, proposer c'est mieux ; ils échangent, prennent modèles sur les expériences des uns et des autres. Reste maintenant à ce que leurs propositions, moins loufoques qu'on le dit et plus objectives que beaucoup de rapports issus de cabinets d'experts "indépendants", soient entendues à l'échelle mondiale dans les opinions publiques et les cercles dirigeants ouverts. N'attendons pas des USA qu'ils changent de politique consumériste avant, disons, 4 ans, mais des forces émergentes comme l'Inde ou des pays d'Afrique de l'Ouest ou d'Amérique du Sud peuvent constituer des zones d'alternative effectives.
      J'ai lu ce matin un article  sur le site de Libé, une interview d'un producteur brésilien de soja  non transgénique. Je ne vais pas revenir sur le dossier des OGM, sur les enjeux de privatisation du vivant et de contamination des espèces "naturelles", juste rapporter ce que dit dans l'article cet Olivio Dambros, venu à Porto Allegre pour obtenir des avancées concrètes. Il montre que, n'en déplaise aux opérations de communications des firmes de semence comme Monsanto qui patrouillent dans les campagnes brésiliennes pour convaincre les paysans des avantages de leurs produits à l'aide de cassettes vidéo qu'on imagine très bien faites, la culture du soja non transgénique est plus rentable  que celle des variétés OGM. Les coûts sont moins élevés et cela emploie en outre plus de main d'oeuvre. Bien sûr, on parle là de culture biologique. Et notre homme de conclure en disant qu'il a un marché  porteur pour le soja biologique (nécessairement non-GM), "vers l'Europe notamment où les consommateurs ne veulent pas d'aliments OGM." Alors, bon, rappelons le, la citoyenneté passe aussi par des actes de  consommation.
    Pour le soja, nous sommes peu concernés puisque, hormis les végétariens et quelques amateurs de cuisine originale, cet aliment n'a pas de place intéressante dans nos pratiques culinaires. Il est en fait massivement réservé au bétail (qui consomme de l'OGM que vous consommerez donc indirectement en mangeant ces animaux).
    En revanche,  il est bon de soutenir le commerce équitable et les producteurs qui, par le biais de coopératives, font le pari d'exporter du bio ou du non OGM vers les pays occidentaux. Ces pays sont soumis à des assauts importants pour se convertir à des cultures GM ou à des élevages industriels, il convient de soutenir le refus de certains des erreurs des économies occidentales.

      

 

Posté par herisson sauvage à 15:14 - in mundi - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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