la tanière du hérisson

Bretagne, début du XXIe siècle. Un hérisson arpente l'existence, en musique et en souriant (quand c'est possible)... Il finira écrasé, comme les autres, mais il fait comme s'il ne le savait pas.

samedi 22 octobre

sangras 006

sangras_006__lande_vive

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mercredi 19 octobre

Un pauvre, ça meurt assez souvent

    Je pourrais parler du 15 octobre dernier, journée au cours de laquelle les puissances de ce monde se sont réunies à Genève dans le cadre pourri de l'OMC pour décider dans la plus grande opacité des orientations à donner à leurs politiques respectives, parler aussi des mobilisations citoyennes autour de ce manque de démocratie globale et du secret qui caractérise ces tractations.
    Je pourrai pousser une gueulante sur les 47 000 morts pakistanaises qui, décidément, valent moins de minutes de JT que les bien moins nombreuses victimes de Louisianne. Il faut bien dire que ça choque davantage de considérer (enfin !) les USA comme un pays du tiers monde que d'assister, une fois encore, aux morts massives de pauvres gens. Comme si les tremblements de terre étaient plus normaux dans les pays pauvres, comme les autres catastrophes naturelles. La pauvreté doit attirer les fléaux naturels, non? Ah, ces pauvres gens... C'est bien dommage, c'est sûr, ma brave dame, mais bon... Les pauvres, ça meurt souvent, vous avez remarqué? Et puis il en reste quand même pas mal, faut pas exagérer.
    Je pourrais aussi essayer de penser quelque chose du reportage que j'ai vu ce soir sur les cas de ventes d'enfants par de pauvres mères roumaines ou bulgares, je ne sais plus. Le journaliste interroge l'une de celles qui se sont faites prendre la main dans le sac, alors qu'elles allaient échanger leur bébé contre une liasse de billets dont elle avait bien besoin. Plus, en tout cas, que d'une bouche à nourrir pas forcément désirée. Question sybilline, donc, de la journaliste : "Et vous pensez que vendre un enfant peut aider la famille à mieux vivre?" Et l'autre, de répondre, intelligemment : "je ne sais pas, je ne sais plus" (ben oui, forcément, elle n'allait pas répondre oui, la seule réponse évidente qu'elle préssentait sans doute pas politiquement correcte pour les caméras occidentales).
  Je pourrais parler mais je suis mal placé pour ça. Les manifs de Genève, j'avais envie de me mobiliser et puis non. Le Pakistan je suis dégouté, navré, démoli pour ces gens, révolté pour le traitement qu'on en fait, lapidaire et complaisant, mais je n'ai rien d'intelligent à en dire. Je n'arrive pas, en ce moment, à voir clair, à me dire que la fatalité n'est pas de ce monde, et qu'il faut se bouger le cul, à l'échelle qu'on peut. Juste démobilisé, anesthésié, incapable. Espérons que ça va passer.

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samedi 15 octobre

sangras 004 et 005

sangras_004__oeil_sec
sangras_005__tara

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jeudi 13 octobre

sangras 003

sangras_003__soir_noir

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sangras 002

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sangras 001

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mercredi 05 octobre

humain trop humain 011 : ma vie c'est un voyage

hth_11

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expulsion de vieux kabyles à Paris : la honte !

    On a beau dire, merde, la France rate rarement une occasion de donner du grain à moudure à ceux qui voient en elle une salope. Grimée sous des atours de démocratie, de terre de liberté et de respect, pour cacher la vérole d'une vieille pute vendue par trop souvent aux intérêts (inhumains car mécaniques) de l'économie et des puissants. Non, je ne suis pas un trotskyste révolutionnaire. Je suis juste empli de nausée et de colère, c'est tout. Mais ça passera, ne vous inquiétez pas.
    Je viens de lire un article qui fait état d'une expulsion de plus sur Paris. Ah mais attention ! On atteint des sommets : les gens expulsés ne sont pas des immigrés sans papiers et l'immeuble en question n'est pas classé insalubre. Non, non. Je vous jure. Attendez, je vous explique, vous allez mieux comprendre. Les expulsés? Ce sont juste des vieux kabyles sans possibilité de se défendre et comme le propriétaire veut les voir décamper, eh bien la police évacue les lieux. Et tout ce beau monde (diabétique, retraité, invalide, on s'en fout) se retrouve, par défaut, à dormir dans un gymnase ! La classe, non? Non mais comment on laisse faire ça? Je n'en peux plus de cette France là, merde, ce n'est même plus de la révolte, de l'écoeurement...
    Les gens qui vivaient là, en plein coeur de Paris, ont travaillé souvent plus de 30 ans, dignement, sachant qu'ils n'avaient droit à rien (ben non, ce sont des bougnoules, quand même, s'ils se pètent la santé dans des travaux trop rudes on ne va pas leur payer une pension d'invalidité non plus, on n'est pas humain à ce point là...), et maintenant, on le leur rappelle, que jusqu'au bout ils vont survivre, pas vivre. Histoire de.
     Ces gens étaient en règle, je le rappelle, ce sont de vieux monsieurs en retraite ou proches de la retraite, avec leur famille restée au pays, et ils payaient, pour vivre dans 12 m² de cet hotel du 19e, 274 euros/mois.
    Changement de propriétaire, on cherche à virer tout le monde. Refus légitime des occupants, début du bras de fer. On arrête de payer les loyers d'un côté, on envoie des "gros bras" de l'autre, pour faire avancer les choses manu militari, comme on sait le faire dans un état de droit qui respecte surtout le droit à la propriété. Du coup, le proprio arrête d'entretenir, ce qui rend certaines parties de l'immeuble insatisfaisantes pour les normes actuelles, ce qui permet l'envoi de la police.
    Alors la mairie de Paris a promis de reloger ces vieux kabyles au plus vite, dans des HLM ou des maisons de retraite, soit. En attendant, ils vivent sur des tapis dans un gymnase depuis bientôt une semaine. Dans l'indifférence générale. Je n'en peux plus, de ça. Alors, allez, braves gens, ne nous voilons plus la face : on admet de vivre dans une société qui admet ça? Oui? Et qu'on capitalise, en plus, sur les morts africaines de cet été pour couvrir cette dérive des expulsions? On ne fait plus dans les logements insalubres ni dans l'expulsion de sans papiers, là, non, là on nettoie les quartiers populaires de Paris pour le bénéfice des spéculateurs fonciers. La police est un service public, après tout, il faut bien que votre argent soit mobilisé pour le bien de tous.

Posté par herisson sauvage à 14:10 - in mundi - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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