la tanière du hérisson

Bretagne, début du XXIe siècle. Un hérisson arpente l'existence, en musique et en souriant (quand c'est possible)... Il finira écrasé, comme les autres, mais il fait comme s'il ne le savait pas.

jeudi 29 septembre

Pas de sang impur dans nos sillons

marseillaise
    J'ai lu, il n'y a pas longtemps, une sorte de pamphlet, de manifeste, bref de râlerie, à propos de l'apprentissage désormais obligatoire de La Marseillaise à l'école. Le document en question émanait de mouvements bretons visiblement autant pourfendeurs de crimes jacobins que défenseurs de l'identité régionale. Bien sûr, le texte a reçu les félicitations des enseignants gauchos comme des régionalistes de tout crin, des gens qui ne ratent jamais une occasion de se rendre ridicule.
    Et ça ne rate jamais, vous pouvez compter dessus. On monte au créneau avec virulence, légitimement indigné qu'on apprenne à nos gamins à remplir nos sillons d'un "sang impur" et autres prétendues haines de l'étranger et de la différence. On y voit le retour de l'ordre moral, de l'enseignement vieille école, rétrograde, etc... Certains, pourtant, feraient parfois bien de la fermer. Rien qu'une fois de temps en temps. Pour laisser parler les autres, même plus circonspects, par exemple. L'éducation civique est-elle une aberration? Non. L'apprentissage des codes qui régissent la République ? Pas plus. C'est ce qui fonde un socle commun, une identité nationale. Des valeurs de respect et de tolérance, mais aussi des codes culturels communs. Soit on rejette tout ça (et pourquoi pas, on en revient à l'éducation comme dressage, vaste débat...), soit on se concentre sur l'essentiel.
    L'apprentissage des paroles de La Marseillaise interroge nécessairement les fondements de notre société. Un contexte historique particulier, des mentalités à explorer, à questionner, aps de consensus spontané sans débat d'abord. Personnellement, je pense qu'on peut légitimement reprocher d'imposer cet enseignement dès le cycle 3 (CE2-CM1-CM2), c'est sans doute un peu tôt pour la plupart des élèves, et donc qu'il y a bien là une volonté un peu douteuse d'instaurer au forceps quelque chose qui serait "menacé". D'accord. Au delà, si on le prend comme un patrimoine collectif à faire vivre (donc à critiquer), pas juste un hymne à la con pour stades de foot, ça aide à mettre les choses en place dans la tête des petits français. Qu'on aurait tort de sousestimer dans leurs facultés d'analyse et de recul. Ou alors certains enseignants pourtant progressistes se sentent peut-être incapables d'instruire dans la nuance et l'esprit critique...
  Ce que je veux dire, surtout, c'est que les gens qui crient au meurtre de l'école, à la lepénisation de l'enseignement, ne sont pas crédibles et emmerdent le monde. Les indépendantistes bretons, franchement, se trompent de débat, le front du combat culturel est ailleurs, ils ne servent personne à parler d'oppression centralisatrice dans ces cas là. Sur un forum, une femme franco-turque prétend que c'est scandaleux de réintroduire La Marseillaise mais que l'hymne turc, guerrier lui aussi, peut se justifier par le contexte de ce pays. Ben voyons. D'autres parlent de fascisme, de nazisme, de pétainisme, sans rien comprendre. Ceux là, visiblement, aurient mieux fait de retourner un peu à l'école pour y entendre des choses imporantes, objectives, sur notre passé. C'est en sachant de quoi on parle qu'on peut argumenter, faute de quoi on est juste une grande gueule. Apprendre à se taire, c'est essentiel, vous ne trouvez pas?

Posté par herisson sauvage à 13:11 - in mundi - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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