la tanière du hérisson

Bretagne, début du XXIe siècle. Un hérisson arpente l'existence, en musique et en souriant (quand c'est possible)... Il finira écrasé, comme les autres, mais il fait comme s'il ne le savait pas.

mercredi 21 septembre

Assouf, de Steve Shehan et Baly Othmani

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    Il est des retrouvailles importantes. Comme pour le Celtic Procession de Jacques Pellen, l'album Assouf était de ceux que j'avais entendus il y a une dizaine d'années et que je peinais à retrouver (à un prix décent, du moins) depuis. Pour Pellen, réécouter ce cd la première fois, puis ensuite le redécouvrir au quotidien, c'était à la fois savourer des compositions subtiles et inspirées tout en réveillant des sensations déjà éprouvées mais enfouies depuis des années. Un vrai bonheur. Ici, pareil.
    Cet album est ma première rencontre avec la musique berbère. A l'époque où je l'ai découvert, emprunté à la médiathèque du Mans (dont on ne louera jamais assez l'éclectisme), je prenais pied dans la musique africaine sans en connaître les contours, les richesses, la profusion. J'avalais au kilomètre, fasciné. Mais j'ai tout de suite su que ce disque était important. Il était habité.
    Depuis, j'ai pu me cultiver plus posément sur d'une part la musique orientale, du Maghreb à l'Iran, de l'Egypte à l'Afghanistan, et d'autre part à la musique africaine, dans ses composantes purement de collectage ethnique (difficile à digérer, je sais, mais si intensément brut) comme dans des parcours plus "modernes" (funk ethiopien, soul soudanaise ou ghanéenne, mais surtout Ali Farka Touré, Toumani Diabaté, Rokia traore, Oumou Sangare). Au fil de cette démarche, j'ai découvert, assez récemment d'ailleurs, que la musique touareg, portée par la culture tamashek, était ce qui me parlait le plus.
  Moi qui suis fasciné par le blues du début du 20e siècle, dans son côté le plus roots, le plus rèche, j'ai pu trouver dans des groupes comme Tinariwen un vrai renouveau de l'esprit comme de la dynamique de cette musique mutante. Un groupe comme Tartit développe une puissance dans la méloppée complètement assourdissante. Choughly, un groupe touareg algérien avec lequel nous devions jouer en aout avec Piler lann, et son chanteur Taher Chali Ali, sont de la même façon porteurs de cette identité d'une musique hantée, à la structure obsédante, au chant apre et déchirant.
    Assouf a tout, la légèreté en plus. Les percussions de Steve Shehan accompagnent avec intelligence et invention le chant et l'oud de baly Othmani.  Je ne sais pas parler de ce disque. Je l'écoute, j'invite qui veut à se laisser porter par la puissance de cette musique atemporelle, authentique et touchante. Vraiment, essayez.

Posté par herisson sauvage à 22:07 - musique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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